En route pour les championnats du monde

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sur-l-eau-julien-delaporte-trouve-sa-voieAprès avoir décroché deux places de finaliste lors de ses premiers championnats d’Europe juniors, le kayakiste de l’Esack prépare ses premiers Mondiaux.

Il est arrivé là « complètement par hasard »,à l’âge de 12 ans. En feuilletant « le catalogue de la ville d’Angers où figurent toutes les associations sportives. » Il, c’est Julien Delaporte, cet amoureux des sports d’eau, de glisse et de nature. Une séance d’initiation a suffi à convaincre cet ancien nageur.

Cinq ans plus tard, le Bartholoméen a parcouru beaucoup de chemin. Au propre – sur l’eau – comme au figuré. Au sein d’un joli quatuor angevin, il a peu à peu rattrapé son retard initial, se découvrant une âme de compétiteur. « Entre nous, une émulation est née. On a envie de se dépasser. » Voilà l’un des maîtres mots pour ce sport ô combien exigeant. À raison d’un entraînement hebdomadaire oscillant entre 10 h – « les semaines de récupération » – et 15 h. Au menu, du bateau bien sûr mais aussi de la musculation, de la course à pied, du vélo. « Et c’est ce tout qui me plaît. Le fait de toucher à beaucoup de choses, c’est sympa. »

Une soif d’apprendre

Les journées sont évidemment longues pour cet élève de 1re ES du lycée Emmanuel Mounier. Après les cours (horaires aménagés), il enchaîne avec les séances d’entraînement. Pour un retour à la maison pas avant 21 h 30 certains soirs… et des devoirs à faire. Mais le jeune homme (17 ans) ne se plaint pas. « Quand j’ai commencé, on m’a dit que tout choix impliquait des concessions. Donc je sais à quoi m’en tenir. » Peu de sorties au menu donc mais qu’importe, Julien Delaporte est un (grand) ado bien dans sa peau. Car dans le kayak, il a trouvé le moyen de s’éclater. Résultats à la clef. 

Pas le plus impressionnant physiquement malgré ses 184 cm sous la toise, il est en revanche doté d’un mental solide et a « une grosse envie de bien faire », soulignent Stéphane Gourichon et Benoît Bayeux, ses entraîneurs. « Il est à l’écoute et réactif. Il visualise très bien ce qu’on lui demande et corrige aussitôt. Depuis cinq ans, il a progressé étape par étape, il se construit. » L’intéressé confirme : « J’ai la chance d’avoir de tels coaches. Ce sont des gens intéressants, francs. Je me dois d’être réceptif car leurs conseils sont bons. Quand on les applique, ça fonctionne. »

Au point que le Bartholoméen ne cesse de progresser. Fin 2015, il décroche sa première médaille nationale aux France de marathon. Eté 2016, il gagne plusieurs titres en équipage avec l’Esack (Entente sportive Anjou canoë-kayak) lors des championnats de France de vitesse, découvre sa première compétition internationale, les Olympic Hopes. Cette année, sa première chez les juniors, confirme l’étendue de son potentiel. Lors des France de marathon, à domicile, fin mars, il s’offre l’argent en monoplace sur 5 000 m. Un mois et demi plus tard, aux France Élite, il s’adjuge deux podiums juniors (2e sur 500 m ; 3e sur 1 000m), et est retenu en équipe de France.

Un maillot bleu qu’il a étrenné aux Europe de Belgrade fin juin, avec le K4. À l’arrivée : une 5e place sur 500 m et une 6e sur 1 000 m derrière la grosse concurrence de l’Allemagne et des pays de l’est au rythme d’entraînement encore plus intensif. « Ces places de finaliste étaient espérées, confie-t-il. Et c’est très prometteur car on a eu peu de temps pour travailler ce bateau. C’est encourageant pour les championnats du monde (fin juillet, à Pitesti en Roumanie) car on aura eu un mois de plus pour nous entraîner. » Le collectif français est en effet actuellement en stage à Guerlédan. Le jovial Julien Delaporte y prend son pied. Comme quoi, le hasard a bien fait les choses. (article ouest France)

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